2) Vers des cryptogrammes plus élaborés

Du Moyen-âge à la guerre

- Le chiffre de Vigenère :

 

Blaise de Vigenère, un diplomate français ayant vécu de 1523 à 1596, eut l'idée de varier le décalage des lettres comme le faisait Jules César grâce à une clé. Il s'agit de la première méthode par substitution polyalphabétique. Sa méthode consiste à choisir un mot qui sera la clé et, afin de coder un message, d'écrire cette clé autant de fois qu'il le faut sous le message pour que chaque lettre de la clé soit attribuée à chaque lettre du message à coder. Cette méthode domina trois siècles durant.

 

Cet algorithme de cryptographie comporte beaucoup de points forts. Il est très facile d'utilisation, et le décryptage est tout aussi facile si on connaît la clé. La grande caractéristique du chiffre de Vigenère est qu'il est impossible par une analyse statistique simple de retrouver où sont certaines lettres. Un autre avantage réside dans le fait que l'on peut produire une infinité de clés.

 

Exemple de chiffrement de Vigenère avec clé « BONJOUR » :

Clé:                        B O N J O U R B O N J O U R
Texte non-chiffré: V  I  G E N E R E E S T B O N
Texte chiffré:        W W T N B Y  I   F S F C P I  E

 

- Le chiffre de Delastelle 

L'inventeur de ce système est un français nommé Félix-Marie Delastelle (1840-1902). Il utilise une grille de chiffrement/déchiffrement analogue à celle du chiffre de Polybe.
Le chiffre de Delastelle est un mélange de codage par substitution et par transposition. On commence par regrouper les lettres du message à coder 5 par 5, puis on utilise le carré de Polybe. On écrit verticalement pour chaque lettre la position dans le tableau.

Méthode de chiffrement :

1) Tout d'abord il faut regrouper les lettres du message clair 5 par 5 (au besoin, on rajoute des nuls pour arriver a un multiple de cinq). Ce principe est dit tomogrammique (il repose sur un regroupement de caractères, ici 5 par 5)
2) Sous chaque lettre on note les coordonnées correspondantes verticalement.
3) On lit ensuite ces coordonnées horizontalement pour obtenir le message codé.

 

Exemple :

       

Pour déchiffrer on effectue l'opération dans le sens inverse.

 

Le chiffre de Delastelle diffère peu de celui de Polybe. Nous avons choisi de le présenter quand même pour montrer qu'il existe de très nombreuses méthodes de cryptage. Mais nous l'avons aussi choisi pour montrer que la plupart de ces méthodes sont de simples adaptations de méthodes existantes.

 

 

Le chiffre des templiers

Plutôt que de remplacer chaque lettre par une autre, certains (essentiellement des membres de société plus ou moins secrète) ont préféré remplacer les lettres par des symboles pour diffuser leurs messages codés.

Le Temple était un ordre de moines fondé au XII è s., dont la mission première était d'assurer la sécurité des pélerins en Terre Sainte. Rapidement, les templiers se détournèrent de cet objet, et s'enrichirent considérablement au point de devenir les trésoriers du roi et du Pape. Pour coder les lettres de crédit qu'ils s'échangeaient, ils remplaçaient chaque lettre par un symbole, suivant la substitution suivante :

Par exemple, si nous souhaitons coder : CODE DES TEMPLIERS, on obtient :

A part la difficulté liée au fait qu'on manipule des symboles peu courants, facilement surmontée par un petit temps d'adaptation, le chiffre des Templiers ne peut être considéré comme plus sûr que n'importe quel code par substitution.
Le code des templiers n'est pas exactement de la stéganographie, car le message n'est pas vraiment caché dans quelque chose d'anodin. Au contraire, même, puisqu'intercepter un message avec de tels symboles éveille plutôt la curiosité. En revanche, on peut le rapprocher du Morse .

 

-->

© Burtin Anne, Burtin Hélène, Stocklouser Jordy & Wolff Emilie

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×