1)Les premières méthodes de cryptage

La nécessité de dissimuler certaines informations remonte à l'Antiquité. Nous en avons découvert plusieurs, comme nous pouvons le voir ci-dessous.

 

Antiquité :

-La plus vieille technique :

Au XVIème siècle avant J-C, un potier Babylonien avait dissimulé la recette de son vernis qui faisait son succès, grâce à une tablette d'argile sur laquelle il avait gravé la recette sous forme de message codé. Cette tablette fut retrouvée en Irak, et les archéologues ont pu reconnaître les mots à l'orthographe fantaisiste, en ajoutant simplement quelques consonnes ; ils ont ainsi pu lire la recette. L'histoire ne dit cependant pas si cette méthode de cryptage fut efficace. 

La tablette

 

- La technique assyrienne :

Au Vème siècle avant J-C, les Spartiates transmettaient des messages confidentiels à l'aide de deux bâtons de même longueur et de même diamètre appelés scytales. Le papyrus était enroulé en spirales parallèles autour de la scytale afin que le message soit inscrit. Une fois le papyrus déroulé, il ne signifiait plus rien, et seul le destinataire pouvait déchiffrer le message en enroulant la bande qu'il avait reçue autour de sa propre scytale.

La scytale

 


- La technique des Hébreux :

À partir du Ve siècle av. J-C, l'une des premières techniques de chiffrement est utilisée dans les textes religieux par les Hébreux qui connaissent plusieurs procédés.
Le plus connu appelé Atbash est une méthode de substitution alphabétique inversée. Son nom est formé par les initiales des premières et dernières lettres de l'alphabet hébreux.
Elle consiste à remplacer chaque lettre du texte en clair par une autre lettre de l'alphabet choisie de la manière suivante : A devient Z, B devient Y, etc.

 

- Nabuchodonosor :

Environ 600 ans avant J-C, le roi de Babylone Nabuchodonosor correspondait grâce à des esclaves : il leur rasait la tête afin de tatouer le message sur leur crâne. Une fois que ses cheveux avaient repoussé, il envoyait l'esclave au destinataire qui n'avait plus qu'à lui raser le crâne à nouveau pour lire le message. Cette méthode de sténographie était longue mais fiable, dans la mesure où l'on savait tout de suite si le message avait été intercepté.

Fresque représentant Nabuchodonosor

 


Les premiers "vrais" cryptogrammes :

Il faut attendre 200 ans avant J.C. pour voir apparaître les premiers "vrais" systèmes de cryptage. Ce sont essentiellement des chiffrements par substitution.
Il en existe de quatre types:

  • substitution mono-alphabétique : remplace chaque lettre du message par une autre lettre de l'alphabet 
  • substitution poly-alphabétique : utilise une suite de chiffres mono-alphabétiques (la clé) réutilisée périodiquement 
  • substitution homophonique : fait correspondre à chaque lettre du message en clair un ensemble possible d'autres caractères 
  • substitution de polygrammes : substitue un groupe de caractères dans le message par un autre groupe de caractères

 

- Le chiffre/code de César :

 

Jules César : Homme d'Etat et général romain (Rome, vers 101 av. J.C., 44 av. J.C.).
Le code de César est la méthode cryptographique, mono-alphabétique, la plus ancienne communément admise par l'histoire.
En 58 avant Jésus Christ, Jules César imagine un procédé de chiffrement pour communiquer avec ses généraux. Il s'agit d'un procédé de chiffrement par substitution monoalphabétique qui consiste à faire une permutation circulaire des lettres de l'alphabet, comme le faisait César en remplaçant chaque lettre par celle placée 19 rangs derrière. (A=T ; B=U...)

Malheureusement, vous comprendrez que ce système est très peu sûr, puisqu'il n'y a que 26 lettres dans l'alphabet donc seulement 26 façons de crypter un message avec le code de César. Pourtant, sa simplicité conduisit les officiers sudistes à le réemployer durant la guerre de Sécession. L'armée Russe en fit de même en 1915.

 

Il est à noter que le code de César a été utilisé sur des forums internet sous le nom de ROT-13 (rot-ation de 13 lettres où A-->N...) pour empêcher la lecture involontaire (d'une réponse à une devinette, ou de l'intrigue d'un film, etc.).

 

- Le carré de Polybe :



Polybe, historien grec (env. 200 - 125 av. J.-C.), est à l'origine du premier procédé de chiffrement par substitution homophonique.
Ce système, qui était à l'origine d'un système de transmission, est basé sur un carré de 25 cases (5 sur 5) que l'on remplit par les lettres dans l'ordre alphabétique.

Chaque lettre est ainsi représentée par deux chiffres : le numéro de sa ligne puis le numéro de sa colonne. Exemple : le E est situé sur la première ligne et sur la colonne numéro 5, il est donc représenté par le nombre 15.


En français, on supprime le "W", qui sera remplacé par "V". Il existe une variante où ce sont "I" et "J" qui se partagent la même case. Chaque lettre peut être ainsi représentée par un groupe de deux chiffres: celui de sa ligne et celui de sa colonne. Ainsi "e"=(1;5), "u"=(5;1), "n"=(3;4), ...


C'est également un moyen de transmission original, car Polybe proposait de transmettre ces nombres au moyen de torches. Une torche à droite et cinq à gauche pour transmettre la lettre "e" par exemple.

Ce procédé permettait donc de transmettre des messages sur de longues distances.

 

Les cryptologues modernes ont vu dans le "carré de 25" plusieurs caractéristiques extrêmement intéressantes: 

 

  • la conversion de lettres en chiffres
  • la réduction de nombres, de symboles 
  • la représentation de chaque lettre par deux éléments séparés
  • ce système de chiffrement peut être compliqué avec un mot de passe

 

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© Burtin Anne, Burtin Hélène, Stocklouser Jordy & Wolff Emilie

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